Un recul des promotions ?
Source : LSA - 10 juillet 2008 - Analyse Nielsen

Source : Nielsen - CAD (cumul à date) mai 2008 vs N - 1
Les chiffres confirment bien l'entrée dans une période de déconsommation, au moins pour les produits de grande consommation et le frais en libre service (PGC + FLS) et dans les GMS dans lesquels les relavés Nielsen dont réalisés.
Globalement, les ventes ont baissé de 1,6 % en volume, même si elles ont augmenté de 2,8 % en valeur. La baisse des ventes est surtout visible sur  les marques nationales (- 4,2 %) et les premiers prix (- 10,5 %). En revanche les MDD ne se sont jamais aussi bien portées (+ 4,6 % en volume, + 9,7 % en valeur).
L'analyse porte également sur les évolutions des ventes en promotions. En volume, elles baissent de 4,6 %. Là aussi, on voit une différence entre marques nationales (- 8,8 %) et les premiers prix (- 10,5 %) et les MDD standards (+ 11,3 %).
Selon Nielsen, cette baisse du CA en promotion s'expliquerait par la mise en application de la loi Chatel qui en libérant les prix, aurait rendu les promotions moins pertinentes ...
Décryptage promo

La promotion (au moins la promotion "marchande") deviendrait-elle moins pertinente ? C'est une affirmation à nuancer. En fait Nielsen argumente de la façon suivante :
- le CA promotionnel est en baisse : oui mais, somme toute, dans des proportions limitées, et intervenant après de nombreuses hausses consécutives.
- Ceci s'expliquerait par la loi Chatel et la libération partielle des prix qu'elle aurait générée : la loi Chatel n'est qu'une étape dans la libération des prix, entre loi Dutreil et LME. Or la loi Dutreil qui avait engagé le processus n'avait pas eu d'effets sur le recours à la promotion. Pire, Leclerc qui avait renoncé au ticket a corrigé le tir très rapidement face à la baisse de ses ventes.
L'élément nouveau est la hausse des prix. Celle-ci devrait rendre théoriquement plus attractives les promotions financières. Mais ce n'est pas aussi simple : les promotions relevées par les panels sont souvent des opérations jouant sur les volumes (lots virtuels pour l'essentiel) et incitant au stockage. Les foyers les plus touchés par la hausse des prix sont aussi les plus réticents à profiter de ce type de promotions.
Enfin, la baisse du CA en promo s'explique-t-elle par une limitation des actions proposées ou par la baisse de leur impact ? Nous n'avons pas ici la réponse ...


 
Les français et le combat pour le pouvoir d'achat
Source : Observatoire Landor - LSA 12 juin 2008 - Stratégies 26 juin 2008
Le cabinet de conseil Landor a créé un observatoire 'Landor families" qui suit dix familles sur tous les achats du quotidien. Interrogés quatre fois par an par des ethnologues, ces familles donnent quelques clés de compréhension des comportements d'achat et de leur évolution dans le contexte actuel.
Landor a défini quatre types de familles : les combinards, les gestionnaires, les détachés et les frustrés.
Un élément concerne les quatre types : c'est la notion de lutte, de combat pour le pouvoir d'achat, ou plus précisément de sa défense dans un contexte de stagnation des revenus et de hausse des prix. Chaque type va donc adopter une stratégie défensive jouant sur les produits, les marques, les circuits et le facteur temps.
Les combinards multiplient les astuces pour consommer à moindre prix. Ils profitent des meilleurs offres, utilisent les coupons, changent de circuits, quitte à stocker.
Les gestionnaires ont une approche raisonnée et ne cherchent pas la bonne affaire à tout prix. Ils s'appuient sur une liste de course, utilisent les incitations promotionnelles mais seulement en fonction de leurs besoins.
Les détachés veulent continuer à consommer comme auparavant. Plutôt aisés, ils sont fidèles aux marques mais n'ont pas vision statutaire de la consommation. Ils ont une sensibilité écologique.
Enfin les frustrés vivent dans la privation. Ils évitent les hypermarchés vécus comme tentateurs. Ils réduisent leur consommation superflue et renoncent souvent à acheter des produits frais. Ils achètent peu en promotion, celle-ci concernant plutôt les produits de marques nationales, plus chères et incitant au stockage.
A noter toutefois que certaines marques continuent à être achetées quels que soient les problèmes de pouvoir d'achat. Coca-Cola, Nutella, Danette, etc.
Décryptage promo

La promotion joue bien sûr un rôle central dans ces stratégies de défense du pouvoir d'achat. Directement tout d'abord, et tant que modalité de baisse de prix ponctuelle, même si elle est parfois compensée par une obligation d'achat en volume. Indirectement ensuite, par une fonction d'orientation vers de nouvelles catégories, circuits, types de marques, plus économiques.
Mais il ne faut pas se cacher que les stratégies actuelles de défense du pouvoir d'achat sont liées à des évolutions économiques encore assez peu significatives : les hausses des prix de l'énergie et des matières premières sont loin d'être terminées et d'avoir encore eu tous leurs effets ... D'une période d'adaptation des modes d'achat et de consommation, on va probablement vers une période de mutation profonde. La promotion des ventes, outil évident d'adaptation, aura-t-elle sa place dans des processus de mutation profonde ?
Ne va-t-on pas vers une réapparition du concept d'EDLP (Everyday Day Pow Price) ?. Les hypermarchés, temples de la promo tentatrice, les marques nationales, principales utilisatrices, vont-ils résister à la montée probable des MDD et des circuits "low-cost" ?
Si oui, la promotion des ventes, au moins dans sa dimension marchande, risque de voir son influence diminuer. Mais ce n'est pas aussi simple que cela. La promotion des ventes a aussi des dimensions stratégiques et relationnelles qui ont une place croissante dans les stratégies des marques et des enseignes. Or de nouveaux types de produits, de nouvelles marques, de nouvelles enseignes vont probablement émerger et avoir besoin de la promotion des ventes dans ces dimensions. Ainsi, le développement des MDD s'appuie-t-il sur une croissance de la promotion. Il ya déjà quelques temps que le hard-discount exploite des techniques promotionnelles. Ce qui est sûr, c'est que dans cette nouvelle période de mutation, la promotion des ventes va étendre son champ d'application et ne plus être réservé aux marques nationales et aux GMS !


 
Netto va s'appuyer sur la technique du lot dégressif
Source : LSA - 10 juillet 2008
Dans la perspective de la LME qui va libérer les créations de points de vente alimentaires en dessous de 1000 m2, l'enseigne hard-discount des Mousquetaires a développé un nouveau concept, fondé sur un doublement de l'offre (4 000 au lieu de 2000), l'introduction de marques nationales (8 à 12 % de l'assortiment), l'introduction à venir d'une marque Netto et l'exploitation d'une nouvelle technique commerciale, le lot dégressif qui va concerner à terme 70 % de l'offre.
De quoi s'agit-il ? d'un prix dégressif en fonction des quantités achetées. Techniquement c'est un lot virtuel, c'est à dire l'application automatique de la réduction sur la base de la confrontation des tickets de caisse. Concrètement, en rayon sera affiché le prix unitaire et le prix dégressif.
Décryptage promo

La technique est parfois utilisée mais de façon promotionnelle, c'est à dire de façon ponctuelle (Carrefour, par exemple en avril 2008, sur ses produits bio, avec des remises allant de 10 à 40 %).
Ici, c'est un système permanent et quasi généralisé qui est mis en place. On ne peut donc plus vraiment parler de promotion.
Netto introduit donc une méthode de vente particulièrement innovante et à la base d'un nouveau concept.
Le système est bien sûr très incitatif pour stocker le consommateur et devrait donc être assez performant, en augmentant notamment la panier moyen. Tout cela, lié au doublement de l'offre (déjà importante en comparaison du hard-discount allemand) et à l'introduction des marques nationales nous éloigne vraiment du hard-discount.
Le concept devrait notamment attirer et fidéliser une nouvelle cible, familiale, pas trop défavorisée, capable de stocker. Alors que le hard-discount ne pouvait constituer pour elle qu'un circuit d'appoint, ce nouveau concept peut satisfaire l'ensemble des besoins et donc devenir leur point de vente principal.
Le concept est donc vraiment à observer de près.


 
Le pari de Carrefour Market
Source : LSA - 3 juillet 2008
C'est donc décidé, même si la décision ne faisait gère de doutes. Les 1000 magasins Champion vont donc passer sous l'enseigne Carrefour Market  dans un délai de 24 mois. Les transferts d'enseigne se feront sans fermetures en l'espace de 5 à 11 semaines.
Les magasins adopteront le programme de fidélité Carrefour dès le changement d'enseigne.
Les 420 magasins franchisés sont plutôt partagés sur la pertinence du changement.
Au niveau professionnel, un certain scepticisme se fait jour : un changement d'enseigne dynamise certes les ventes mais seulement à court terme. A long terme les effets sont incertains.
Bien sûr, on attend certains synergies en termes de gains d'attractivité et en termes de réductions de coûts. Ce peut être également une occasion pour faire le ménage dans  le système logistique pas très performant des supermarchés. Cependant, le groupe n'avait pas attendu le changement d'enseigne pour créer des synergies ...
Les critiques essentielles portent toutefois sur la pertinence stratégique de la décision. Carrefour acteur global n'a pas l'image de proximité de Champion. Toutefois Carrefour pourrait précisément améliorer son image de proximité grâce aux supermarchés.
Décryptage promo

Rappelons que le décision de Carrefour a été pour une bonne part dictée par les nouveaux actionnaires de Carrefour qui cherchent à rentabiliser leur investissement selon des modèles "industriels" (réductions des coûts avant tout). Outre les tests à priori favorables mais non évalués sur une longue période, la décision s'appuie sur le précédent réussi de Carrefour en Espagne, mais sur la base d'un réseau de supermarchés moins puissant et à priori moins performant qu'en France. Autre exemple parfois cité, celui de Tesco, pas très pertinent puisque Tesco est au départ une enseigne de supermarchés.
Le problème de fond est le suivant : le modèle des hypermarchés souffre d'une certaine désaffection qui risque encore de s'aggraver avec la hausse des prix et la déconsommation induite. Aligner aujourd'hui les supermarchés sur ce modèle est-il donc pertinent ? Alors qu'avec une population vieillissante et de plus en plus segmentée, les points de vente associant proximité et services semblent mieux répondre aux attentes ?
En termes promotionnels, on peut aussi s'interroger sur la pertinence de la fusion des deux programmes de fidélisation, malgré une base de données de 13 à 14 millions de foyers .... Le système de récompense financière de Carrefour, fondé sur un objectif de rétention des clients va-t-il ne pas constituer une simple effet d'aubaine pour les clients de proximité de Champion qui apprécient la relation établie avec l'enseigne avec Vivre Champion et le système de fidélité fondé sur des cadeaux ?


 
Sony-Ericsson et la grande traque
Source : www.lagrandetraque.com
Pour faire la démonstration de fonctions de son mobile GPS C702, Sony-Ericsson organise un jeu sur internet fondé sur un fait divers réel, un vol de toiles de maîtres à Zurich.
le joueur doit résoudre des énigmes renouvelées quotidiennement. Le but est d'empêcher la revente des tableaux et empocher une prime.
Outre les fonctions photos, vidéos, etc, est mise particulièrement en valeur la fonction GPS.
Décryptage promo

L'opération se caractérise par l'exploitation de deux bonnes idées : la démonstration des fonctions du mobile et surtout le thème de l'enquête policière inspirée d'un fait divers réel. A notre connaissance, le fait divers n'a jamais été exploitée comme thématique promotionnelle. Bravo donc pour l'originalité de l'opération.


 
La moutarde Amora et les pompiers
Source : http://www.globediff.com/clips/clipamora/amora.htm

Pour faire déguster sa nouvelle moutarde douce, Amora recours à une mise en scène très originale. Des brigades de pompiers, avec leur camion, sont chargées de faire déguster la nouvelle moutarde dans des endroits adaptés : terrasses, jardins, quartiers d'affaires. Les pompiers agrémentent directement le reps des prospects, directement dans leur assiette ou sur une tartine de pain. 11 villes sont visitées.
L'opération a été imaginée par l'agence Ubi Bene et exécutée par Globe Diffusion.

Décryptage promo

L'idée est d'éteindre le feu de la moutarde et d'apporter de la douceur. C'est une idée créative très forte qui transformer une banale dégustation de produit en une expérience de la marque très mémorisable.
Il y a ici une véritable "scénarisation" de la marque qui met le consommateur dans une situation très favorable. Bravo donc pour l'idée et aussi pour la qualité de l'exécution visible sur
le clip.


 
Pubeco, un site pour consulter les prospectus
Source : www.pubeco.fr
Ce nouveau site permet de feuilleter les prospectus des enseignes de votre bassin de chalandise. Il suffit de renseigner votre commune ou code postal, éventuellement le type de produit recherché et apparaissent les prospectus en cours.
L'objectif officiel du site est de diminuer le nombre de prospectus distribué en donnant la possibilité de commander un autocollant stop-pub. Le modèle économique est fondé sur un paiement au prospectus consulté.
Décryptage promo

Il existe bien sûr déjà la possibilité de consulter les prospectus sur les sites des enseignes ou en s'abonnant aux newsletters. Mais le processus n'est pas toujours simple, les accès aux prospectus souhaités n'étant pas toujours directs.
Ici, il est possible de comparer très rapidement tous les prospectus pertinents, éventuellement sur la base d'une sélection préalable. Bien sûr existe aussi la possibilité de recevoir une alerte. La qualité de lecture est identique à celle des prospectus originaux.
Avant de faire ses courses, le shopper peut ainsi rapidement accéder aux offres, comme s'il avait fait une sélection préalable dans une boîte aux lettres
Cette approche assez simple est en fait originale. Il existe en effet beaucoup de sites aujourd'hui en cours lancement qui se présentent et fonctionnent comme des comparatifs de type web. Surtout intéressants donc pour acheter des produits de consommation durable.
Pubeco fonctionne avec une plus grande proximité des modes de préparation des courses. Il permet de s'informer sur les opérations d'enseigne et peuvent contribuer à orienter le trafic magasin.
Bien sûr se pose toujours le problème du modèle économique plutôt aléatoire d'un tel site : en effet les enseignes ne sont guère incitées à apporter une contribution financière, publicitaire ou autre, avant qu'il n'ait fait la démonstration de sa puissance. Ce qui implique du temps et aussi des investissements en communication.
En attendant, c'est un bon outil d'observation pour tous les professionnels.


 
Un scooter pour 99 € chez Phone&Phone
Source : e-mail - juin 2008 - www.phoneandphone.com/
Vous pouvez acheter un scooter pour 99 € ... en souscrivant un abonnement Néo 4 heures à 54,90 € de 24 mois, soit un engagement de 1317,60 €, soit 717,60 € net, le scooter ayant une valeur de 699 €.
 
Décryptage promo

L'offre est assez spectaculaire .... avant analyse de son coût réel. Elle n'en est pas moins attractive pour des utilisateurs se contentant d'un mobile qui téléphone, sans fonctions superflues. Elle permet aussi à l'enseigne de se différencier.


 
Rue du commerce et les 1 euros
Source : www.rueducommerce.fr
Le principe de l'opération, qui doit être pérenne, est simple : l'abonnement à un forfait Bouygues permet de subventionner l'achat, non d'un mobile très sophistiqué, mais d'un appareil high tech : ordinateur, console, MP3, appareil photo ou vidéo, TV LCD, Hi FI, GPS, .....
En contrepartie, n'est fourni qu'un mobile ayant des fonctions de base (valeur 17 €)
Le mécanisme est expliqué sur : http://www.rueducommerce.com/
images/offredujour/les1euros
/les1euros_comment.html
Décryptage promo

L'affaire est excellente pour le client qui n'a pas besoin de renouveler son mobile, pour Rue du Commerce et Bouygues. Beaucoup moins pour les fabricants de mobile, dont le marché est artificiellement gonflé par les subventions des opérateurs (renouvellement très rapide - tous les 18 mois - et sophistication souvent superflue). Peut-être un défaut lié à la nouveauté de l'offre : cela parait trop beau ! d'où une certaine méfiance qui ne peut être levée que par une analyse des différents constituants de l'offre.
Par ailleurs, pour Rue du Commerce, c'est une action qui va bénéficier d'un buzz très positif et va donc améliorer le trafic sur son site.
Plus fondamentalement, ceci préfigure sans doute une mutation des comportements d'achat, du statutaire vers un retour à l'utile, "the good value for money" ...


le décryptage de
Philippe Ingold